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Art in November
L'art en Novembre

The Woman Question 1550–2025
Museum of Modern Art, Warsaw

21.11.2025 - 04.05.2026

The Woman Question emerged in the 14th century as a recurring motif for the intellectual and political interrogation of women’s subjugation and went on to become a rallying cry for revolutionary and suffragist movements. Warsaw’s new Museum of Modern Art now borrows this expression to title a major exhibition that shines a spotlight on almost five hundred years of women’s creativity. By bringing together works by 140 female artists, the show presents allegorical representations of power, resistance, and sexual violence; struggles for access to artistic education; depictions of women’s bodies and erotic desire; iconography of motherhood and reproductive choice; and shifts in women’s societal roles during times of upheaval. And demonstrates that, despite social restrictions and historical underappreciation, women have persistently used artistic practice to assert their presence and validate their individual experiences.

The Woman Question, la querelle des femmes, est apparue au XIVᵉ siècle comme un motif récurrent pour l’interrogation intellectuelle et politique de la subjugation des femmes, et elle est devenue par la suite un cri de ralliement pour les mouvements révolutionnaires et suffragistes. Le nouveau Museum of Modern Art de Varsovie emprunte aujourd’hui cette expression pour intituler une exposition majeure qui met en lumière près de cinq siècles de créativité féminine. Rassemblant des œuvres de 140 artistes, le parcours présente des représentations allégoriques du pouvoir, de la résistance et des violences sexuelles ; les luttes pour l’accès à l’enseignement artistique ; les représentations des corps et des désirs érotiques féminins ; l’iconographie de la maternité et du choix reproductif ; ainsi que les transformations du rôle des femmes dans la société en période de bouleversements. L’exposition montre que, malgré les contraintes sociales et la reconnaissance souvent limitée, les femmes ont persisté à utiliser la pratique artistique pour affirmer leur présence et légitimer leurs expériences individuelles.

Roe Ethridge. Sensible Shoes
Mai 36, Zurich

13.11.2025 - 10.01.2026

Roe Ethridge developed his practice as an artist out of his previous experience as a commercial photographer, using these settings playfully as frames of reference. Rather than focusing on the fictional world of advertising, he now examines it from the inside out: by treating photography as a technical and artistic medium so familiar that even deliberately inaccurate colours can become a tool for playful critique, the New York–based artist addresses the narrow boundaries between high and low, reality and fiction as a pressing issue of our time. Sensible Shoes marks Ethridge’s first solo exhibition at Galerie Mai 36 since December 2012.

Roe Ethridge a construit son travail d’artiste à partir de son expérience en photographie commerciale, utilisant ces environnements de manière ludique comme points de référence. Plutôt que de se limiter au monde fictif de la publicité, il l’observe de l’intérieur. En abordant la photographie comme un médium à la fois technique et artistique, si familier que des couleurs volontairement inexactes peuvent devenir un outil de critique ironique, l’artiste new-yorkais explore les frontières étroites entre culture dite haute et populaire, entre réalité et fiction, une question plus que jamais contemporaine. Sensible Shoes est sa première exposition solo à la Galerie Mai 36 depuis décembre 2012.

Hannah Villiger: Sculpting the Self
Kunstmuseum St. Gallen

15.11.2025 - 30.04.2026

Through large-format Polaroids and aluminium-mounted series, Hannah Villiger (1951-1997), a pioneering figure in the Swiss art scene of the 1980s and 1990s, explored the body as a site of presence, materiality, and spatial investigation. Though primarily working in photography, Villiger saw herself first and foremost as a sculptor, using the camera to probe the sculptural qualities of her subjects and thereby expanding the possibilities of photography as an artistic medium. The exhibition at Kunstmuseum St. Gallen’s Cabinet presents key works from her iconic Block and Sculptural series of the 1990s alongside lesser-known, rarely exhibited groups from the 1970s and 1980s.

À travers ses Polaroïds grand format et ses séries sur aluminium, Hannah Villiger (1951-1997), figure pionnière de la scène artistique suisse des années 1980 et 1990, a exploré le corps comme espace de présence, de matérialité et d’exploration spatiale. Bien que principalement photographe, Villiger se considérait avant tout comme sculptrice, utilisant l’appareil pour sonder les qualités sculpturales de ses sujets et repousser ainsi les limites de la photographie comme support artistique. L’exposition au Cabinet du Kunstmuseum St. Gallen réunit les œuvres emblématiques de ses séries Block et Sculptural des années 1990, aux côtés de groupes moins connus et rarement exposés des années 1970 et 1980.

Anni Albers. Constructing Textiles
Zentrum Paul Klee, Bern

07.11.2025 - 22.02.2026

Anni Albers (1899-1994) was one of the leading figures of 20th-century design and is, to this day, considered a pioneer in the field of fibre art. With unwavering passion and in the face of numerous obstacles, Anni Albers transformed weaving – what many of her time dismissed as women’s craft – into a medium of intellectual rigour, formal invention, and quiet resistance. Anni Albers. Constructing Textiles is the German artist’s first solo exhibition in Switzerland, highlighting her innovative contributions to renowned architectural projects. The showcased fabric designs, textile artworks, prints, and drawings provide an impressive overview of her fascinating oeuvre – one situated somewhere at the intersection of art and design.

Anni Albers (1899-1994) figure parmi les grandes voix du design du XXᵉ siècle et reste aujourd’hui une pionnière de l’art textile. Poussée par une passion indomptable, elle surmonta avec courage et ténacité les barrières qui tentaient de la freiner, transformant le tissage – longtemps relégué au rang de travail de femmes – en un médium à la fois intellectuel, inventif et subtilement subversif. Anni Albers. Constructing Textiles marque sa première exposition personnelle en Suisse et met en lumière ses apports novateurs à des projets architecturaux de renom. À travers tissus, œuvres textiles, estampes et dessins, c’est tout un panorama de son œuvre fascinante qui se révèle, à la croisée de l’art et du design.

Christian Marclay. The Clock

Neue Nationalgalerie, Berlin

29.11.2025 - 25.01.2026

Over the past 40 years, Christian Marclay (b. 1955) has explored the fusion of fine art and audio cultures, transforming sound and music into visible, physical forms. Since its debut in London in 2010 and its win of the Golden Lion at the 54th Venice Biennale in 2011, his masterpiece The Clock has become a global sensation. The 24-hour video work takes viewers through a century of cinematic history, combining well-known and obscure film clips that Marclay meticulously researched and edited over several years. Functioning both as a gripping journey through film history and as a real-time timepiece synchronised to local time, The Clock transforms cinematic illusion into an experience of lived, present time.

Au cours des quarante dernières années, Christian Marclay (né en 1955) explore sans relâche la rencontre entre les arts visuels et la culture sonore, transformant le son et la musique en formes tangibles et visibles. Depuis sa première présentation à Londres en 2010 et sa consécration par un Lion d’or à la 54e Biennale de Venise en 2011, son chef-d’œuvre The Clock est devenu un véritable phénomène mondial. Cette vidéo monumentale de vingt-quatre heures entraîne le spectateur à travers un siècle d’histoire du cinéma, en juxtaposant des extraits, célèbres ou méconnus, que l’artiste a patiemment recherchés et minutieusement montés au fil des années. À la fois voyage captivant dans la mémoire du film et horloge synchronisée au temps local, The Clock transforme l’illusion cinématographique en une expérience du temps vécu, ici, dans la grande salle supérieure du bâtiment Mies van der Rohe du musée.

Turner and Constable. Rivals and Originals
Tate Britain, London

27.11.2025 - 12.04.2026

J. M. W. Turner (1775‑1851) and John Constable (1776‑1837) are widely considered the two greatest landscape painters of 19th‑century Britain, but historically they have often been treated separately. Featuring over 170 paintings and works on paper, Rivals and Originals is billed as the first major show to present the lives, works, and legacies of the two painters in parallel, side by side, inviting direct comparison and conversation between them — their methods, themes, ambitions, and influences. The dialogue between Turner’s bold, atmospheric innovations and Constable’s meticulous, realist observations provides a rare opportunity to study their approaches in depth, illuminating how their distinct visions shaped the development of 19th‑century British landscape painting.

J. M. W. Turner (1775‑1851) et John Constable (1776‑1837) sont souvent considérés comme les deux maîtres incontestés du paysage britannique au XIXᵉ siècle, et pourtant, ils ont longtemps été étudiés séparément. Avec plus de 170 peintures et œuvres sur papier, Rivals and Originals est la première grande exposition à réunir leurs vies, leurs œuvres et leurs héritages côte à côte, offrant au visiteur l’occasion d’observer directement leurs méthodes, leurs thèmes et leurs ambitions. Le contraste est fascinant : d’un côté, les audacieuses explorations atmosphériques et lumineuses de Turner, de l’autre, le réalisme minutieux et observateur de Constable. Ensemble, ils révèlent toute la richesse et la diversité de la peinture de paysage britannique romantique et permettent de comprendre comment chacun a façonné, à sa manière, l’art du XIXᵉ siècle

Lehnert & Landrock. Relecture d’une archive coloniale

Photo Elysée, Lausanne

01.11.2025 - 01.02.2026

Founded by Rudolf Franz Lehnert (1878-1948) and Ernst Heinrich Landrock (1878-1966), the Lehnert & Landrock studio was active in Tunis from 1904 to 1914, then Cairo starting in 1924, producing and distributing photographs depicting an iconography of the Orient for a European audience. After the two men parted ways in 1930, their images continued to be commercially exploited throughout the 20th century. With Lehnert & Landrock. Relecture d’une archive coloniale, Photo Elysée engages in a critical reflection on these works, examining its collection through the lens of contemporary social concerns and colonial studies. To enrich this dialogue with diverse voices, the museum invited Spanish artist Gloria Oyarzabal (b. 1971) and Saudi Arabian artist Nouf Aljowaysir (b. 1993) to offer contemporary perspectives on how museums today engage with collections linked to colonial history.

Fondé par Rudolf Franz Lehnert (1878‑1948) et Ernst Heinrich Landrock (1878‑1966), le studio Lehnert & Landrock fut actif à Tunis de 1904 à 1914, puis au Caire à partir de 1924. Il produisait et diffusait des photographies qui ont contribué à façonner une iconographie européenne de l’Orient. Après la séparation des deux hommes en 1930, leurs images ont continué à être exploitées commercialement tout au long du XXᵉ siècle. Avec Lehnert & Landrock. Relecture d’une archive coloniale, le Photo Elysée engage une réflexion critique sur ces œuvres, en examinant sa collection à la lumière des préoccupations sociales contemporaines et des études coloniales. Pour enrichir ce dialogue et ouvrir la discussion à des voix diversifiées, le musée a invité l’artiste espagnole Gloria Oyarzabal (née en 1971) et l’artiste saoudienne Nouf Aljowaysir (née en 1993) à proposer un regard contemporain sur la manière dont les musées abordent aujourd’hui des collections liées à l’histoire coloniale.