
Jenny Holzer. Wrong Answers
Fundação de Serralves, Porto
For over forty years, Jenny Holzer (b. 1950) has questioned and transformed the way we experience language. Her signature emphatic capitals have appeared in urban landscapes around the world, insinuating themselves into the channels of official and commercial communication to deliver messages of a different order — from unflinching witness to atrocity and war to radiant assertions of pleasure and survival. Wrong Answers traces the emergence of her text works and their proliferation across media, examining how Holzer's practice reflects both the redemptive force of language and the violence inherent in the suppression of information, ideas, and freedom.
Depuis plus de quarante ans, Jenny Holzer (née en 1950) interroge et bouleverse notre rapport au langage. Ses majuscules incisives — devenues sa signature — ont investi les paysages urbains du monde entier, s'infiltrant dans les circuits de la communication officielle et commerciale pour y faire entendre une tout autre voix : du témoignage sans détour face à l'horreur et à la guerre jusqu'aux affirmations lumineuses du plaisir et du vivant. Wrong Answers retrace l'émergence de ses œuvres textuelles et leur déploiement à travers les médiums, interrogeant la manière dont la pratique de Holzer tient ensemble la force rédemptrice du langage et la violence que recèle toute mise au silence — des idées, des corps, des libertés.

James Jarvaise & Henry Taylor. Sometimes a straight line has to be crooked
Hauser & Wirth, Zurich
One of the most celebrated painters working today, Henry Taylor (b. 1958) is known for figurative works of raw emotional force — portraits and scenes from Black American life rendered with a directness that feels simultaneously urgent and deeply human. Opening during Zurich Art Weekend 2026, Sometimes a straight line has to be crooked marks Taylor's debut with Hauser & Wirth Zürich and the first European exhibition to bring his work into dialogue with that of his teacher, California modernist James Jarvaise (1924–2015) — the artist who first recognised what Taylor could become when he was a student in the 1980s.
Figures majeures de la peinture américaine, Henry Taylor (né en 1958) et son professeur James Jarvaise (1924–2015) n'ont jusqu'ici jamais été réunis sur le sol européen. Taylor, dont les toiles saisissent la vie afro-américaine avec une intensité et une humanité rares, fait en même temps ses débuts chez Hauser & Wirth Zürich – une double première pour cette exposition inaugurée dans le cadre du Zurich Art Weekend 2026. Car c'est bien Jarvaise, moderniste californien, qui avait reconnu le potentiel exceptionnel de son jeune étudiant dans les années 1980, et dont l'œuvre entre ici, pour la première fois, en résonance avec la sienne.

Kateryna Lysovenko
Karma International, Zürich
Born in Odesa and now based in Vienna, Kateryna Lysovenko (b. 1989) makes paintings of urgent, unsettling force — figures caught in cycles of power, violence, and resistance, transforming personal and collective trauma into something that draws equally on the weight of Soviet history and the raw realities of the present, and refuses to be looked away from. Noch eine Welle — one more wave — opens at Karma International just days after Lysovenko’s appearance as a collateral event at the Venice Biennale 2026, bringing her work to Zurich at a moment of rare international momentum.
Corps pris dans les engrenages du pouvoir, figures traversées par la violence et la résistance — l'œuvre de Kateryna Lysovenko (née en 1989 à Odessa, vit et travaille à Vienne) est hantée par l'histoire soviétique autant que par les convulsions du monde actuel. Ce que cette peinture fait, et que peu d'autres osent, c'est transformer le traumatisme personnel et collectif en quelque chose d'incontournable, une image de la victime qui n'est jamais accessoire, toujours centrale. Noch eine Welle – une vague de plus – arrive chez Karma International dans la foulée de sa participation à la Biennale de Venise 2026, portant son travail à Zurich au cœur d'une reconnaissance internationale grandissante.

Rodin Selon Rilke
Fondation Pierre Gianadda, Martigny
In 1902, a young Rainer Maria Rilke arrived in Paris to write a monograph on Auguste Rodin. He was 26, Rodin 61, and what began as a professional commission became one of the most formative encounters in modern art history. The sculptor's patient, almost obsessive attention to matter and form would permanently reshape Rilke's poetic practice, pushing him toward a new kind of writing — concentrated, object-focused, sculptural in its precision. Rodin Selon Rilke, organised in collaboration with the Musée Rodin in Paris, takes this singular relationship as its premise. Structured as a poetic journey through several chapters, the exhibition invites visitors to rediscover Rodin's sculptures through the lens of Rilke's writing — words and forms in dialogue. A century after the poet's death, his lyrical witness restores to the work something that images alone cannot carry: the sensation of standing before it for the first time.
En 1902, le jeune Rainer Maria Rilke débarque à Paris pour rédiger une monographie sur Auguste Rodin. Il a 26 ans, Rodin en a 61, et ce qui commence comme une commande va devenir l'une des rencontres les plus décisives de l'histoire de l'art moderne. L'attention patiente, presque obsessionnelle du sculpteur à la matière et à la forme transforme en profondeur la pratique poétique de Rilke, l'orientant vers une écriture nouvelle : concentrée, tournée vers les choses, sculpturale dans sa précision. Rodin Selon Rilke, organisé en collaboration avec le Musée Rodin à Paris, part de cette relation singulière pour construire un parcours en plusieurs chapitres, invitant le visiteur à redécouvrir l'œuvre de Rodin à travers le regard de Rilke – mots et formes en dialogue. Un siècle après la mort du poète, son témoignage lyrique restitue à l'œuvre ce que les images seules ne peuvent transmettre : la sensation de se tenir devant elle pour la première fois.

Hans Ulrich Obrist Archives: Maria Lassnig
Luma Westbau, Zurich
One of the most radical and visionary painters of the twentieth century, Maria Lassnig (1919–2014) spent decades mapping the interior landscape of the body — sensations, pressures, and states of consciousness rendered with a directness that was decades ahead of its time. In this next chapter of the Hans Ulrich Obrist Archives, Luma Westbau brings together the complete series of video interviews between Lassnig and Obrist alongside their extensive correspondence, selected watercolours, as well as the biographical film The Ballad of Maria Lassnig (1992) and Selfportrait (1971), which reveals her pioneering experiments with animation within the feminist art scene of 1970s New York. Echoing Living with art stops one wilting! — a line from Lassnig's final, unfinished letter to Obrist, dated 11 January 2014 — the exhibition honours a painter whose interior visions continue to reverberate through the body long after leaving the room.
Radicale, visionnaire, obstinément singulière, Maria Lassnig (1919–2014) a consacré sa vie à une seule et même question : ce que le corps ressent de l'intérieur. Ses sensations, ses pressions, ses états de conscience – tout ce que l'œil ne voit pas mais que la chair enregistre. Luma Westbau poursuit les Hans Ulrich Obrist Archives avec un nouveau volet consacré à son œuvre, réunissant entretiens filmés, correspondance, aquarelles, et deux films dont Selfportrait (1971), réalisé au cœur de la scène féministe du New York des années 1970. En écho à Living with art stops one wilting! – ultime phrase d'une lettre inachevée adressée à Obrist le 11 janvier 2014 – l'exposition célèbre une peintre dont les visions intérieures ne cessent de résonner dans le corps, longtemps après avoir quitté la salle.

Fragile Beauté
Jeu de Paume, Paris
When Elton John got sober in the early 1990s, he began to see the world differently — and found in photography a medium that matched his new clarity of vision. Nothing speaks the truth more like a photograph, he has said, and the collection he has built with David Furnish over three decades bears that conviction out: more than 7,000 images spanning the full breadth of modern and contemporary photography. Produced by London's Victoria and Albert Museum and presented at the Jeu de Paume, Fragile Beauté draws on this extraordinary private holdings to bring together over 300 prints by more than 90 international photographers — from Diane Arbus and Irving Penn to Nan Goldin, Robert Mapplethorpe, and Ai Weiwei — tracing the restless, truth-seeking energy that has driven both the collection and the medium itself.
Quand Elton John arrête de boire au début des années 1990, il redécouvre le monde avec un regard neuf et trouve dans la photographie un médium à la hauteur de cette nouvelle lucidité. Rien ne dit la vérité comme une photographie, a-t-il confié, et la collection qu'il a constituée avec David Furnish au fil de trois décennies en est la preuve : plus de 7 000 images embrassant toute l'étendue de la photographie moderne et contemporaine. Produite par le Victoria and Albert Museum de Londres et présentée au Jeu de Paume, Fragile Beauté puise dans ce fonds privé exceptionnel pour réunir plus de 300 tirages signés par plus de 90 photographes internationaux, de Diane Arbus à Irving Penn, de Nan Goldin à Robert Mapplethorpe et Ai Weiwei, retraçant l'énergie insatiable et avide de vérité qui anime à la fois la collection et le médium lui-même.

Paolo Roversi. Doubts
The MOP Foundation, A Coruña
Born in Italy and long based in Paris, Paolo Roversi has spent over four decades developing one of the most distinctive visual languages in contemporary photography — work that hovers between fashion and fine art, between the documentary and the dreamlike. For Doubts, he transforms the gallery space of The MOP Foundation into a sequence of interconnected rooms, each dedicated to a different facet of his practice. Taken together, they reveal the full depth of a vision shaped by an almost religious conviction that beauty is to be found in silence, in the shadows, and in the spaces between things.
L'œuvre de Paolo Roversi résiste aux catégories. Ni mode ni art pur, ni documentaire ni fiction — quelque chose de plus insaisissable, qui s'est construit patiemment sur plus de quatre décennies entre l'Italie natale et Paris d'adoption. Pour Doubts, Roversi investit les espaces de The MOP Foundation et les transforme en un parcours de salles communicantes, chacune consacrée à une facette différente de sa pratique. Ce que l'on découvre en cheminant, c'est l'étendue et la cohérence d'une œuvre tout entière portée par une conviction : que la beauté se niche dans le silence, dans l'ombre, dans ce qui se passe entre les choses.

Anish Kapoor
Hayward Gallery, London
Anish Kapoor (b. 1954) has spent decades probing the boundaries of matter and perception — from early pigment pieces to monumental forms that seem to swallow light, space, and the viewer whole. Nearly thirty years after his first major UK exhibition at the Hayward Gallery, he returns to fill the entire building with a survey that moves from mirrors warping and disorienting to Vantablack-coated objects dissolving into pure darkness, to voids opening in the gallery walls with a vertiginous pull. New monumental installations — including a pair in his signature red — push further still, confronting the fragility of human existence and confirming that Kapoor's hold on the imagination is as total as ever.
Figure majeure de la sculpture internationale, Anish Kapoor (né en 1954) n'a cessé d'explorer ce qui échappe à la perception – la matière à la limite du visible, les formes qui semblent engloutir la lumière et le regard. Près de trente ans après sa première grande exposition au Hayward Gallery, il revient occuper l'intégralité du bâtiment. Des miroirs qui dérèglent l'espace aux objets enduits de Vantablack disparaissant dans une obscurité absolue, en passant par des vides qui s'ouvrent dans les murs comme des gouffres, l'exposition trace un parcours vertigineux à travers une œuvre qui n'a rien perdu de sa puissance d'envoûtement.