
It’s cold. Freezing cold. So cold that my nostrils stick to the inside of my nose when I breathe in, so cold that, for the first and probably only time in my life, I agree to sleep with the window closed. The air is icy. Icy and silent. I am farther north than I have ever been, surrounded by white, enveloped by wilderness that seems to stretch without end. I am in Lapland — an adventure of its very own kind.
The obvious choice might have been Rovaniemi, famed as the home of Santa Claus and the most visited destination in all of Lapland. But that didn’t feel extreme enough. And so, leaving Zurich at a mild fifteen degrees Celsius, we land amid swirling wind and snow at Inari — the northernmost airport in the European Union.
Il fait froid. Un froid polaire. Si froid qu’à chaque inspiration, les ailes de mon nez se collent à ma cloison nasale et que, pour la première et unique fois de ma vie, j’accepte de dormir les fenêtres fermées. Le climat est glacial. Glacial et silencieux. C’est l’endroit le plus au nord qu’il m’ait été donné de visiter. Entourée de blanc, cernée par le néant, je suis en Laponie, pour une aventure tout à fait singulière.
Le choix le plus évident aurait été Rovaniemi, demeure du Père Noël et ville la plus connue de Laponie. Mais cela ne nous semblait pas assez extrême. Nous quittons Zurich et sa température printanière de 15 degrés pour atterrir, dans un nuage de vent et de neige, à l’aéroport se trouvant le plus au nord de l’Union européenne : Inari.



Lapland, for those who don’t know and contrary to what the name might suggest, is, in fact, not a county but a region and only vaguely defined as such. Commonly, the term refers to the northernmost area of Fennoscandia above the Arctic Circle, spanning Norway, Sweden, and Finland — a vast expanse of roughly 260,000 square kilometres. Viewed through a historical and cultural lens, however, equating Lapland with Sápmi, the traditional homeland of the region’s indigenous Sámi people, this area expands significantly — to 388,350 square kilometres, to be exact. Regardless of which definition one prefers, the population density is close to zero: two inhabitants per square kilometre. Here, there is space. Space to freeze.
Contrairement à ce que son nom pourrait suggérer, la Laponie n’est pas un pays, mais une région transnationale, d’ailleurs mal définie. Communément, elle désigne la partie de la Fennoscandie – Norvège, Suède et Finlande – située au nord du cercle polaire. Elle s’étend ainsi sur quelque 260 000 kilomètres carrés. Toutefois, si l’on envisage la Laponie d’un point de vue historique et culturel et qu'on l’assimile au Sápmi, territoire du peuple indigène des Sami, sa surface atteint les 388 350 kilomètres carrés. Quelle que soit la définition que l’on privilégie, la densité de population reste proche de zéro : deux habitants au kilomètre carré. Ici, on a de la place. De la place pour souffrir du froid.

I packed everything I could find. I spend a lot of time in the mountains; I am no stranger to the cold. But up here, I was told, the world is different. Unlike other peoples whose homelands are ruled by ice and snow, the locals of Lapland are no fans of cosying up indoors. Life happens outside, and anyone who considers it too cold, I fear, risks being labelled a wimp. How could you not? Even after warming up in what is likely the only truly hot place up here — the sauna — you are expected to plunge directly into the snow: naked and barefoot. Lapland: a true test of human toughness.
But Lapland is also just a place, not so different from most others. Like anywhere else, daily life revolves around moving from A to B to tackle professional and personal to-dos. Only here, where movement itself can become an achievement, is it worth turning every journey into an adventure.
J'ai emballé tout ce que j'ai pu trouver. Je vais très souvent en montagne, je suis habituée au froid. Mais ici, m'a-t-on dit, le monde est différent. Ça, contrairement à d’autres peuples dont la terre natale n’est que neige et glace, les Lapons ne sont pas du genre à cocooner à l’intérieur. Tout se passe dehors et ceux qui ont trop froid sont relégués au rang de mauviettes, comme je le craignais en préparant mes valises. Comment pourrait-il en être autrement ? Même après s'être réchauffé dans ce qui est probablement le seul endroit vraiment chaud ici – le sauna –, on s'attend à ce que vous plongiez directement dans la neige, nus et sans chaussures. La Laponie : un véritable test de la résistance humaine.
Mais aussi un endroit pas si différent de la plupart des autres. Comme partout ailleurs, la vie quotidienne en Laponie s’articule autour des trajets d’un point A à un point B pour accomplir les tâches professionnelles et personnelles. Sauf qu’ici, où se déplacer peut devenir un exploit en soi, chaque trajet mérite d’être transformé en aventure.

In the first few days, we explore the vast, frozen expanse of Lake Inari on foot and with powerful snowmobiles. The wooded Urho Kekkonen National Park, located east of Saariselkä — the cross-country skiing mecca and our second stop — demands different modes of transportation. Our hotel is here nestled among trees in the middle of the forest, directly adjacent to the 150-kilometre-long network of trails that has made the area a magnet for winter sports enthusiasts. We join them until our legs give out, and the only way left to move is a ride on a husky sled. Not that I mind. A childhood dream is coming true! My overboarding enthusiasm and emotional outbursts about the magic of it all earn more than one puzzled look from the red-cheeked locals. Unless we are talking about layers of clothing, less seems to be more up here.
Au cours des premiers jours, nous explorons l’immensité gelée du lac Inari à pied et en motoneige puissante. Mais le parc national Urho Kekkonen, situé à l’est de Saariselkä – la Mecque du ski de fond et notre deuxième étape –, exige des moyens de transport différents. Au lieu d’être situé au bord d’un lac, notre hôtel ici est niché parmi les arbres, en pleine forêt, juste à côté d’un réseau de 150 kilomètres de pistes qui fait de la région un aimant pour les passionnés de sports d’hiver. Nous les rejoignons encore et encore, jusqu’à ce que nos jambes n’en puissent plus, et que la seule option pour continuer soit une balade en traîneau tiré par des huskies. Ce qui ne me dérange pas du tout : un rêve d’enfance devient réalité ! Mon enthousiasme débordant me vaut plus d’un regard perplexe de la part des locaux aux joues rouges. À part lorsqu’il s’agit de vêtements en couches ou d’alcool, ici, il semble que moins c’est mieux.



Because the Finns, I learn, are a people unto themselves — friendly, but distant; humorous, but with jokes that aren’t necessarily immediately recognisable as such. An introverted Finn looks at his shoes while talking to you; an extroverted Finn looks at yours, as a local saying goes. That doesn’t seem entirely inaccurate, especially here in the northernmost part, where unforeseen social interactions are as rare as traffic jams. Life at the extremes seems to bring with it a certain detachment. Things are as they are, allowed to remain that way, and accepted as simply the way they should be. Lapland and its people are just cool, I guess — in more ways than one. Like when they enjoy an ice cream outside the supermarket at a whopping 17 degrees below zero. Real warmth comes from within.
It is a special little corner of the world up here, one so far from everything else, one that makes an impression and leaves a mark. For it is the endless expanses of nature that perhaps remind us most beautifully and respectfully of everything that goes beyond us, writes Alain de Botton in The Art of Travel. How right he is.
Car les Finlandais sont un peuple unique. Sympathiques quoique réservés, ils sont pleins d’humour, même s’ils font souvent des blagues qui n’en ont pas l’air. Un Finlandais introverti regarde ses chaussures quand il te parle. Un Finlandais extraverti regarde les tiennes, dit un proverbe. Cela ne nous semble pas tout à fait faux, en tout cas pas ici, où il doit être aussi rare de faire une rencontre impromptue que de se retrouver dans un embouteillage. Nous constatons que la vie dans ce monde extrême est empreinte d’une certaine sérénité. Les choses sont comme elles sont – laissées ainsi et acceptées simplement comme elles devraient l’être. La Laponie et ses habitants sont juste cool, je suppose – dans tous les sens du terme. Comme lorsqu’ils dégustent une glace devant un supermarché par un froid glacial de -17 degrés. Après tout, la vraie chaleur vient de l’intérieur.
C'est un petit coin du monde unique, la Laponie, si loin de tout, qui marque les esprits et laisse une empreinte. Car ce sont les étendues infinies de la nature qui nous rappellent peut-être le plus magnifiquement, le plus respectueusement, tout ce qui nous dépasse, écrit Alain de Botton dans L’art du voyage. Je n’aurais pas dit mieux.
